Cycle de vie d’une entreprise non cotée

Cycle de vie d’une entreprise non cotée

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La grande majorité des entreprises non cotées n’attirent jamais l’attention des investisseurs providentiels et des fonds de Venture Capital ou de Private Equity. Généralement, elles restent la propriété de l’entrepreneur ou de sa famille, elles embauchent cinq à dix personnes, mais elles ne parviennent jamais à faire croître sensiblement la valeur de leurs fonds propres.

En règle générale, tant que la valeur d’une entreprise n’est pas estimée entre 1 à 3 millions de dollars, elle n’attire pas d’investissements extérieurs et la grande majorité d’entre elles n’atteignent pas cette valeur et ne bénéficient jamais de financements extérieurs. Pourtant, il existe bel et bien un cycle de vie pour une entreprise non cotée.

Une fois que la valeur d’une entreprise est estimée au minimum à un million de dollars, il est possible de l’accroître et d’attirer des capitaux extérieurs. Au début de sa vie, une entreprise présente un risque extrêmement élevé et les plus jeunes connaissent souvent l’échec. En règle générale, la valeur des entreprises augmente à chaque fois qu’elles franchissent une étape.

Tout commence par une idée, qui évolue vers un prototype. Ce prototype est ensuite breveté. Ce brevet permet de générer du chiffre d’affaires et d’accroître le nombre de clients, ce qui alimente la croissance. Chaque fois que l’entrepreneur franchit une étape, son entreprise prend de la valeur et elle devient moins risquée.

Les investissements les plus risqués sont réalisés par l’entrepreneur, sa famille et ses amis, mais ils bénéficient rarement de tours de financement avec des investisseurs providentiels ou des venture capitalists. Lors de la phase de pré-amorçage, l’entreprise en est au stade de l’idée. Son chiffre d’affaires est faible, voire nul. Et elle peine à attirer des capitaux. Même si elle y parvient, il s’agira d’investissements relativement modestes, de l’ordre de 50 000 à 250 000 dollars, pour des entreprises évaluées entre 1 31 et 3 millions de dollars.

Les venture capitalists réalisent généralement des investissements modestes ou bien échelonnés. Ils achèteront l’entreprise à raison de 5% ou 10% à la fois, tandis que les gérants de fonds de Private Equity prendront une participation majoritaire. Dans le cadre d’une opération de buyout, ils achèteront entre 51% et 100% du capital de l’entreprise. Les investissements en Venture Capital se font de manière progressive, et à mesure que l’entreprise gagne en valeur, se développe et devient moins risquée, elle peut bénéficier de canaux de financement plus efficaces.

La phase d’amorçage correspond généralement à la première levée de capitaux extérieurs.

Le produit existe déjà. L’entreprise dispose d’un prototype, d’un brevet, le nombre de clients augmente, tout comme le chiffre d’affaires. A ce moment-là, sa valeur est nettement plus élevée. Elle peut valoir entre 5 et 15 millions de dollars. Les prises de participation vont de 500 000 à 2 millions de dollars.

C’est à ce moment que les investisseurs providentiels interviennent. Il s’agit d’investisseurs individuels. Ils ont probablement été eux-mêmes entrepreneurs et ils vont investir dans ces entreprises, dont la valorisation peut aller de 2,5 à 8 millions de dollars. Pour un entrepreneur, les choses sérieuses commencent lors des levées de fonds de série A ou de série B, lorsque son entreprise suscite un intérêt légitime auprès des venture capitalists. L’entreprise a déjà développé ses produits, son chiffre d’affaires augmente et sa base de clients s’étoffe ; sa valeur lui donne accès à une levée de fonds de série A. Elle peut lever 5 millions de dollars, ce qui la valorise jusqu’à 15 millions de dollars. Si le financement de série A se déroule bien, une levée de série B devient possible, avec un financement pouvant aller jusqu’à 10 millions de dollars ; la valorisation de l’entreprise peut alors atteindre 50 millions de dollars.

Avec ces levées de fonds de séries A et B, l’entreprise prend une nouvelle dimension et suscite un intérêt croissant auprès des venture capitalists. Une fois que l’entreprise a gagné en taille et qu’elle prospère, des levées de fonds de série D et de série E sont possibles, et c’est là que sa valeur explose, en raison d’un niveau de risque nettement plus faible. Une fois les séries C et D passées, la durée de vie et le chiffre d’affaires de l’entreprise augmentent. C’est à ce moment qu’intervient une base d’investisseurs beaucoup plus vaste. Les levées de fonds de séries A et B sont dominées par le Venture Capital. La phase d’amorçage concerne les amis, la famille et les investisseurs providentiels.

Une fois les séries C et D atteintes, des sociétés de Private Equity peuvent intervenir. C’est aussi le cas des organismes de placement collectif (OPC) procédant à des investissements de croissance, puisqu’ils sont autorisés à investir jusqu’à 15% de leur actif dans des sociétés non cotées. Lors des phases de séries C, D et les suivantes, les entreprises sont évaluées au minimum à une centaine de millions de dollars. Dans le meilleur des cas, l’entreprise non cotée devient une licorne et sa valeur atteint, voire dépasse, un milliard de dollars. En général, la valeur d’une entreprise est plus élevée lors de la levée de série B que lors de la série A. A chaque tour de financement, des montants de capitaux plus importants sont levés et la valorisation des entreprises augmente. Mais il existe aussi leconcept de « down round » qui désigne une levée de fonds réalisée sur la base d’une valorisation inférieure à celle du tour de financement précédent.

Le Venture Capital est une activité extrêmement risquée. Historiquement, 37% des capitaux investis en phase d’amorçage l’ont été dans des entreprises qui ont fait faillite. C’est aussi le cas pour 24% de ceux investis dans des séries A et pour 17% de ceux investis dans des séries B. Chaque fois qu’un nouveau tour de de financement est prévu, chaque fois que l’entreprise franchit ces étapes, chaque fois qu’elle atteint des valorisations plus élevées, le taux d’échec diminue.

Mais même lorsqu’on atteint les levées de fonds de séries C et D, avec des entreprises pouvant valoir 50 millions, 100 millions voire un milliard de dollars, le taux d’échec peut aller de 8% à 15% des entreprises.

L’objectif d’une entreprise accompagnée par une société de Venture Capital est de sortir du giron de cette dernière. Cette opération de « cession » consiste pour le fonds de Venture Capital à revendre sa participation à d’autres investisseurs. La plupart de ces opérations de sortie sur des petites entreprises, en phase d’amorçage, ou en série A et B, prennent la forme de fusions stratégiques ou financières. Si l’entreprise ne vaut que 20 ou 50 millions de dollars, il ne sert à rien de viser une cotation en bourse. Elles sont donc revendues dans le cadre de fusions stratégiques et financières. Dans le meilleur des cas, elle sera vendue dans le cadre d’une fusion stratégique, qui est l’acquisition d’une société figurant dans un portefeuille par une entreprise de plus grande taille, du même secteur d’activité et qui souhaite étoffer ses activités.

Par exemple, un éditeur de logiciels qui rachète un autre éditeur de logiciels, ou une société du secteur de la cleantech qui rachète un concurrent. On parle alors de fusions stratégiques. Les fusions financières sont moins souhaitables car elles impliquent une vente à un autre investisseur qui s’intéresse surtout à la rentabilité financière, ce qui ne permettra pas d’obtenir les synergies et la création de valeur inhérentes au rapprochement de deux entreprises au profil similaire.

Si un éditeur de logiciels en rachète un autre, cette acquisition accroît la valeur des deux entités, mais ces synergies sont difficiles à obtenir via une fusion financière puisque l’entreprise est cédée à un autre fonds de Venture Capital ou à un conglomérat qui ne peut pas faire émerger ces synergies opérationnelles.

Les introductions en bourse sont destinées aux entreprises dont la capitalisation boursière est beaucoup plus importante, celles qui 121 ont fait l’objet d’une levée de fonds de série C ou D et dont la valorisation atteint au minimum 100 millions de dollars. Les cessions d’entreprises financées par le Venture Capital sont très cycliques et atteignent leur pic lorsque l’activité des introductions en bourse est en pleine effervescence.

Très souvent, les fonds de Venture Capital cèdent 1000 ou 1 500 entreprises par an, mais la grande majorité de ces opérations passent par des fusions stratégiques ou financières. Le nombre d’entreprises rachetées varie en fonction de la taille, du stade de développement, de l’âge et de la valeur de l’entreprise.

Environ un quart des entreprises en phase de démarrage sont rachetées, alors que la proportion va de 12 à 20 % pour les entreprises évoluant dans des phases de développement ultérieures. Les entreprises plus avancées dans leur développement ont plus de chances d’être introduites en bourse, alors que celles au début de leur parcours restent la plupart du temps non cotées. Environ un quart des entreprises sont rachetées au cours d’une année donnée ; autrement dit, de nouvelles entreprises bénéficient constamment d’apports en capital supplémentaires.

Chaque année, les fonds de Venture Capital réalisent de nouveaux investissements, et chaque année, des entreprises sont vendues par les fonds de Venture Capital via des fusions ou des introductions en bourse. L’activité des introductions en bourse est très cyclique. Lorsque le marché boursier progresse fortement, les introductions en bourse ont tendance à augmenter.

Mais lorsque le marché baisse, les introductions en bourse peuvent subir un net ralentissement, comme ce fut le cas lors de la correction de 2008 et 2009. En 2023, les introductions en bourse ont permis de lever 23 milliards de dollars, soit une moyenne de 145 millions de dollars par entreprise. Ces opérations ont plus de sens lorsque la valeur de l’entreprise est supérieure à 500 millions, voire à un milliard de dollars.

100 millions de dollars de capitalisation boursière est un minimum pour viser une cotation en bourse. En général, les introductions en bourse ne permettent pas de vendre toutes les actions d’une entreprise, puisque seulement 20% du total peut être proposé lors d’une telle opération. Si en moyenne une introduction en bourse a permis de lever 145 millions de dollars et que 20 % des actions d’une entreprise ont été vendues lors de l’opération, cette dernière est ainsi évaluée à 725 millions de dollars, même si la direction a choisi de n’en vendre que 145 millions de dollars. Parfois, c’est l’entreprise qui vend les actions ; parfois, ce sont les fondateurs, les employés ou les venture capitalists. Ce sont généralement les actions de la société qui sont vendues lors de l’introduction en bourse, tandis que les fondateurs, les employés et les venture capitalists doivent respecter une période de blocage, qui les oblige à conserver leurs titres durant trois à six mois après l’introduction en bourse. C’est à ce moment que l’entreprise présente une valorisation un peu plus mature et que la volatilité de l’action diminue. Il est donc essentiel de comprendre le cycle de vie d’une entreprise non cotée si vous souhaitez y investir, en particulier si elles sont financées par du Venture Capital.

Dans cette vidéo, nous passons en revue le cycle de vie d’une entreprise non cotée et la manière dont elle évolue du statut de start-up à haut risque à celui de candidate à une introduction en bourse ou un rachat. La plupart des sociétés non cotées n’atteignent jamais une valorisation susceptible d’attirer des capitaux extérieurs, mais celles qui y parviennent suivent généralement une trajectoire qui passe par les stades de pré-amorçage, d’amorçage jusqu’aux séries A, B, C et au-delà, avec à chaque étape une augmentation de leur valeur et une réduction de leur risque.