Actifs réels et matières premières

Actifs réels et matières premières

Afficher la transcription

Transcription

Nous allons évoquer dans cette vidéo les bienfaits des actifs réels et des matières premières en matière d’investissement. Beaucoup de gens investissent dans des actions et des obligations, voire dans l’immobilier, mais il ne faut pas oublier la catégorie des actifs réels.

Elle englobe les infrastructures, les matières premières physiques, le pétrole et le gaz, les métaux et les mines, le bois d’œuvre, les terres agricoles et les actifs liés à la transition énergétique.

A mon avis, de nombreux investisseurs sous pondèrent ces actifs dans leur portefeuille. Quand on évoque un investissement dans les matières premières, on pense souvent au pétrole ou à l’or.

Mais pour s’exposer à la classe d’actifs des matières premières, les investisseurs institutionnels préfèrent passer par un indice, comme le Bloomberg Commodity Index, qui en regroupe 23 différentes. On y trouve six marchés à terme sur l’énergie, cinq sur les métaux industriels, deux sur les métaux précieux ainsi que onze catégories de céréales, de matières premières agricoles et de bétail, ainsi que la catégorie des produits alimentaires. Ce qui est appréciable avec cet indice, c’est la pondération à peu près égale attribuée aux métaux, aux produits alimentaires et aux énergies. Les métaux en représentent près de 34 %, les produits alimentaires environ 36 % et les énergies 30 %.

Parlons maintenant de l’exploitation forestière, c’est à dire l’achat d’une forêt. Il est possible d’acheter une grande parcelle de terrain, parfois des centaines d’hectares ; vous devenez alors propriétaire de la terre mais surtout des arbres. Les flux de trésorerie générés par la forêt proviennent de l’abattage des arbres et de leur vente sur le marché du bois d’œuvre, qui dépend fortement du marché du logement et de son caractère cyclique.

Outre les revenus issus de la vente des arbres, vous pouvez également percevoir des revenus sur des activités de loisir, comme le camping ou la chasse. Vous pouvez également obtenir des revenus via des crédits carbone ou des servitudes de conservation des terres. Cette solution est possible si vous pensez ne jamais construire de maisons sur le terrain.

Il existe plusieurs façons d’investir dans les terrains forestiers. Vous pouvez investir sur les marchés cotés via des sociétés de placement immobilier (REIT). Il existe des solutions liées au Private Equity en passant par des organisations de gestion des investissements forestiers (TIMO).

Posséder des terres forestières comporte des risques. Il s’agit notamment des incendies de forêt, des infestations de certains types d’insectes ou le nichage des hiboux, qui vous empêche d’abattre les arbres. Ce qui est vraiment intéressant avec les exploitations forestières, c’est que la croissance biologique et la croissance financière sont assez bien corrélées.

Plus les arbres grandissent et s’élargissent au fil des années, plus leur valeur augmente. Les arbres de petite taille âgés de quelques années ne valent pas grand-chose sur le marché du bois d’œuvre. Mais ils finissent par gagner en taille et en largeur. La vente du « 2 par 4 » n’a rien à voir avec la vente d’un arbre de très grande taille pouvant servir à la construction d’un meuble.

Les arbres peuvent mettre 30 à 60 ans pour atteindre leur pleine maturité. Dans une forêt gérée de manière professionnelle, des arbres sont coupés et d’autres sont plantés chaque année. Il s’agit d’un investissement à très long terme. Fort heureusement, en 2008, les arbres ne savaient pas en quelle année nous étions. Dans votre forêt, vous pouvez choisir le moment de l’abattage et le nombre d’arbres à abattre. Chaque année, vous pouvez abattre 2% ou 3% de vos arbres et en replanter d’autres. Mais après 2008 vient 2009. Les mises en chantier sont en berne. La demande de bois d’œuvre est faible et les prix très bas. Il était possible de n’abattre aucun arbre en 2008, 2009 ou 2010, mais les flux de trésorerie auraient été nuls pendant trois ans. Mais chaque année où vous ne coupez pas d’arbres, leur taille et leur valeur augmentent de 2% ou 3%. La croissance biologique accélère, vous gagnez en volume de bois et les arbres gagnent en volume. Puis, en 2010 ou 2011, vous pouviez couper l’équivalent de trois ou quatre années d’arbres et tous les vendre sur un marché du bois en phase de rebond.

Les terres agricoles sont également intéressantes. Il est possible d’acheter une exploitation de cultures permanentes ou une exploitation de cultures itinérantes. Les cultures permanentes correspondent aux arbres fruitiers, aux vignobles, aux orangeraies ou encore aux amandiers. Ces plantations peuvent vivre des décennies. Elles permettent de produire les mêmes fruits d’année en année.

A l’inverse, les cultures itinérantes concernent les vastes champs de maïs, de blé ou de soja. Les agriculteurs ont donc la possibilité de passer d’une culture à l’autre chaque année. L’âge moyen des agriculteurs augmente et leurs enfants ne veulent pas nécessairement reprendre l’exploitation.

On observe une augmentation des investissements institutionnels dans le domaine des terres agricoles, ce qui se traduit par une augmentation des superficies, et aussi parfois des investissements de nature technologique. Il peut s’agir par exemple de tracteurs guidés par satellite et intégrant l’IA et d’engrais spéciaux. Ces technologies et ces flux d’investissement ont la capacité d’accroître le rendement des cultures.

Le problème des terresagricoles, c’est que leur superficie n’augmente plus et même qu’elle commence à diminuer. La population mondiale et la demande de produits alimentaires ne cessent de croître, mais des logements sont encore construits sur des terres agricoles. La demande de terres agricoles augmente, mais l’offre diminue. Le revenu locatif pouvant être généré par une exploitation dépend de la superficie en hectares, mais aussi d’un pourcentage du rendement des cultures. Si vous cultivez des amandes et que leur prix augmente, vos revenus locatifs vont également croître. Avec les terrains forestiers, il est possible d’attendre quelques années et d’abattre les arbres lorsque les prix du bois d’œuvre sont élevés. La différence avec les terres agricoles, c’est qu’elles sont généralement plus proches des centres urbains que les terrains forestiers. Il est possible de céder des terres agricoles en vue d’un développement résidentiel. Les terres agricoles peuvent coûter 10 000 dollars l’acre lorsqu’elles sont vendues pour la culture du maïs ou du soja, mais le prix peut atteindre 30 000 voire 100 000 dollars l’acre en cas de projet résidentiel. Les rendements agricoles sont très peu volatils et très peu corrélés aux marchés financiers.

Concernant les métaux et de l’exploitation minière, il est possible d’acheter une mine afin d’y trouver divers métaux. Il peut s’agir de métaux précieux comme l’or, l’argent, le platine et le palladium. Il peut s’agir de métaux industriels comme le cuivre, l’aluminium et le nickel. Les plus recherchés actuellement sont les métaux énergétiques comme le lithium, le cobalt et les terres rares.

Alors que le réchauffement climatique et les énergies renouvelables suscitent d’intenses débats, la part de l’électricité produite aux États-Unis par les énergies solaire et éolienne et d’autres énergies renouvelables est passée de 9% en 2002 à 23% en 2023. Dans le même temps, la part des combustibles fossiles dans la production d’électricité aux États-Unis est passée de 71% à 59% sur la même période. Il faudra probablement plusieurs décennies pour que les États-Unis abandonnent complètement les combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables.

Dans un pays comme la Suède, la transition énergétique est déjà pratiquement achevée puisqu’à peine 2% de l’électricité est désormais produite à partir de combustibles fossiles. La proportion d’électricité produite en Suède à partir de ressources renouvelables est passée de 49% à 69%, et celle issue de la production nucléaire de 46% à 29%. Il faut espérer qu’un jour nous parvenions à cet avenir renouvelable, mais plusieurs décennies seront nécessaires pour que les États-Unis atteignent cet objectif.

Quel est l’intérêt d’investir dans des actifs réels ? Lorsque l’inflation est faible, mieux vaut investir dans des actions. Les actions ont rapporté en moyenne 4,3% par trimestre au cours des 20 dernières années, avec une inflation relativement faible, bien inférieure à l’objectif de 2%. Mais lorsque l’inflation a été très élevée et qu’elle a atteint 5% lors de certains trimestres, les actions ont enregistré des performances négatives, celles des obligations ont été pratiquement nulles, tandis que l’indice de Bloomberg dédié aux matières premières a généré une performance de 1,3%.

Les métaux, le bois d’œuvre et les terres agricoles ont rapporté 1,5%, alors que le pétrole et le gaz ont flambé avec une performance de 6% par trimestre. Quant aux infrastructures, elles ont rapporté 3,3%. Une fois combinés, les actifs réels rapportent 4,6% par trimestre lorsque l’inflation est élevée.

En termes de performance totale, certains actifs réels ont battu les actions lors des 20 dernières années. Mais l’indice des contrats à terme sur matières premières affiche lui une performance négative sur cette période. Si la performance des métaux, du bois d’œuvre et des terres agricoles et proche de celle des obligations, le pétrole et le gaz, les infrastructures et les actifs réels ont surperformé les actions au cours des 20 dernières années. On remarque que ces différentes catégories d’actifs réels présentent une corrélation négative avec les obligations et une corrélation positive avec le S&P; 500.

Ces actifs réels sont vraiment intéressants car ils présentent une corrélation positive avec l’inflation de l’IPC, alors que celle des actions et des obligations est très négative. Si votre portefeuille 60/40 est entièrement composé d’actions et d’obligations, il sera soumis à un risque inflationniste élevé, qui peut néanmoins être couvert en investissant dans des actifs réels, notamment les matières premières, les infrastructures et l’immobilier.

Dans cette vidéo, nous passons en revue les arguments des actifs réels et des matières premières en termes d’investissement. Nous montrons comment ces actifs peuvent offrir des performances solides, une protection contre l’inflation et une diversification au-delà des actions et des obligations traditionnelles. Grâce à une faible corrélation avec les marchés financiers et une solide dynamique de flux de trésorerie, les actifs réels offrent un potentiel de création valeur à long terme dans une conjoncture économique en constante évolution.